1 - Les missions du CNPF dans la DFCI
Le changement climatique induit une extension et une intensification du risque incendie qui devient un enjeu à part entière de nos territoires.
La loi incendie de juillet 2023 a doté le CNPF de nouvelles missions concernant la Défense des Forêts Contre les Incendies. L’établissement a mis en place un réseau de référent DFCI dans chaque délégation. Les missions portent principalement sur :
- L’accompagnement des propriétaires pour intégrer les mesures de prévention du risque incendie dans leur gestion forestière
- Contribution active à la mise en place des politiques publiques et appui technique aux différents services de l’état
- Participation aux animations territoriales, projets d’études, plan de massif DFCI, …
Accompagnement des propriétaires après incendie : diagnostic, conseil, regroupement
Qui contacter au CNPF :
Pour la Bretagne :
Nicolas DUVAL – 0664574332 – nicolas.duval@cnpf.fr
Pour les Pays de la Loire
Arthur LIEBAULT – 0661707626 – arthur.liebault@cnpf.fr
2 – Connaissance du risque :
Dans nos régions 90% des feux de forêts sont d’origine humaine.
Le risque est le croisement d’un aléa, des enjeux et de la défendabilité. Un peuplement sensible au feu dans un contexte péri-urbain ou en zone touristique présentera un risque plus élevé qu’un peuplement peu combustible et éloigné de toute activité.
Des cartographies de ce risque ont été mises en place pour la région Bretagne et la région Pays de la Loire pour évaluer le risque sur les territoires
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Un Plan de Protection Interdépartemental de Protection des Forêts et Landes Contre les Incendie (PIPFCI) est en vigueur jusqu’en 2033. Ce document propose une analyse et une cartographie du niveau de risque par commune avec un programme d’action permettant des guider les actions collectives.
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La DREAL des Pays de la Loire a élaboré en 2023 un atlas du risque incendie de forêt sur la région.
3- Mesures réglementaires
Usages du feu :
Des arrêtés préfectoraux règlementent l’usage du feu dans les massifs forestiers et leurs abords.
Accès et activités en forêt :
Lors des périodes à risque (canicules, sècheresse, manifestations) des limitations et/ou restriction d’accès ou d’activités au sein des massifs forestiers peuvent être décidés par les préfectures pour limiter les départs de feux. Il est recommandé de s’informer régulièrement, notamment durant les périodes à risque.
Territoires classés à risque incendie :
Certains territoires identifiés à risque sont classés comme particulièrement exposés au risque incendie au titre de l’article L132-1 du code forestier. Ce classement a pour objet de protéger la forêt en réduisant le nombre de départs de feu et en diminuant les surfaces brûlées. Les mesures liées à ce classement sont entre autre : la mise en place de plan de massif DFCI, une incitation au regroupement forestier, la possibilité de mettre en place des servitudes sur les équipements DFCI, une modification du droit de préemption, le déploiement des Obligations Légales de Débroussaillement (OLD).
Obligations légales de débroussaillement (OLD)
Les Obligations Légales de Débroussaillement sont des mesures visant à réduire le risque incendie par la diminution du volume de combustible disponible. Elles s’appliquent à moins de 200m des forêts classées à risque, dans un périmètre de 50m autour des habitations et installations de toutes natures et de part et d’autre des infrastructures de transport (routes, voies ferrés, lignes électriques).
Les modalités de mise en œuvre de ces OLD sont définies par des arrêtés préfectoraux. Ce débroussaillement ne sont ni des coupes rases ni des défrichements et doivent être compatibles avec le maintien de l’état boisé.
Les arrêtés des départements 22, 29 et 72 sont en cours de rédaction.
4 - Prévention
La gestion forestière est un levier permettant de diminuer la sensibilité des peuplements. L’accessibilité des massifs pour la mobilisation des bois peut également servir aux pompiers pour la lutte contre l’incendie.
Plan Simple de Gestion (PSG)
La loi « incendie » de juillet 2023 a abaissé le seuil de surface des PSG obligatoire de 25 à 20ha. Elle demande également d’intégrer une brève analyse des enjeux DFCI de la forêt au sein du document.
Il est demandé d’identifier les zones exposées et les mesures de prévention existantes et/ou envisagées (OLD, équipement, etc).
La notice et le plan guide du PSG Bretagne – Pays de la Loire précisent les éléments demandés.
Equipements
Les équipements DFCI (route, point d’eau, coupure de combustible, zone d’appui à la lutte) sont des éléments indispensables à la forêt pour une lutte efficace contre les incendies. Les pistes sont généralement celles utilisées dans le cadre de la gestion forestière courante.
Il est important que les équipements soient identifiés et entretenus régulièrement pour rester fonctionnels.
Des guides régionaux des équipements DFCI existent et permettent d’identifier leurs caractéristiques principales.
Le guide de Bretagne sera bientôt disponible.
Dans les zones classées comme particulièrement exposées au risque incendie, des aides peuvent exister pour la mise aux normes ou la création d’équipements DFCI.
/ ! \ La DFCI se raisonne à l’échelle du massif, il est important que les projets individuels s’inscrivent dans une démarche globale et concertée. Pour cela les plans de massif DFCI permettront d’obtenir un état des lieux des équipements actuels et des besoins d’amélioration.
Sylviculture et DFCI
Les essences forestières n’ont pas toutes la même sensibilité face au feu. On parle de combustibilité (facilité à s’enflammer), résistance (capacité à survivre au passage du feu) et résilience (capacité à se régénérer après incendie).
Le rapport VULNEFEU caractérise la sensibilité au feu des principales essences forestières sur le territoire.
Si certaines essences sont plus inflammables et combustibles que d’autres, le choix des essences reste principalement conditionné à l’adaptation à la station forestière.
La gestion forestière via les travaux et les coupes permettant de favoriser des arbres vigoureux, adapté à la station et de bonne conformation (haut-jet et peu de branches basses) peut permettre de diminuer le risque incendie.
Dans certaines zones exposées, le sylviculteur peut gérer la quantité de combustible disponible par le débroussaillement et les éclaircies. Il peut également créer des discontinuités horizontales et verticales (élagage), et agir sur la composition en essences du massif lorsque cela est possible.
Sylviculture & Urbanisme
Les interfaces forêts-zones urbaines sont des secteurs à fort enjeux : protection des personnes et des biens et risque de propagation des feux depuis les habitations vers la forêt.
Le risque incendie est à prendre en compte dans les documents d’urbanisme (PLUi, SCOT), par l’identification des zones à risques et une limitation du mitage urbain en forêt et à proximité.
Communication grand public
Les préfectures communiquent sur les bons gestes pour prévenir les feux de forêts.
Cette communication est principalement à destination du grand public et des utilisateurs de la forêt.
5- Post incendie
Que faire après un incendie
Il est important après le passage d’un incendie de pouvoir faire un diagnostic de sa propriété et de se lancer dans des démarches juridiques et techniques sans précipitation.
Actions de regroupement
La petite propriété et le morcellement peuvent rendre difficile la mobilisation des bois et la reconstitution des zones incendiées quand cela s’avère nécessaire. Le regroupement (informel ou sous forme d’association de propriétaire) peut permettre la mutualisation des opérations afin d’optimiser la vente des bois et les coûts de reboisement. Des actions similaires ont été mises en place en Pays de la Loire suite aux incendies de 2022 et 2025.
Les regroupements de propriétaires peuvent également servir à l’échelle d’un massif pour mettre en place des actions collectives portant sur l’amélioration des équipements ou l’aménagement du massif.